Près de 87% des organisations publiques et 71% des entreprises privées déclarent avoir mis en place une démarche d’achats responsables, selon une étude réalisée par A2 Consulting et Mazars*, en collaboration avec la Cdaf et le SAE. Les principaux résultats de cette enquête ont été dévoilés à l’occasion d’un colloque sur les achats responsables organisé le 25 janvier dernier, à Paris.
Cette enquête réalisée en ligne montre que les pratiques des entreprises et des organisations publiques ne sont pas aussi responsables que cela. «Les actions en faveur de l’environnement sont les plus abouties, mais les donneurs d’ordres sont encore en retard par rapport à la dimension sociétale du développement durable et en matière de gouvernance achats», résume Jacques Schramm, p-dg d’A2 Consulting. Par exemple, près de 80% des responsables achats ayant répondu à l’étude reconnaissent ne pas se soucier de l’impact de leur stratégie sur les fournisseurs.
Peu de mesures en faveur des TPE/PME
Par ailleurs, il apparaît que les donneurs d’ordres ne favorisent guère l’accès des TPE/PME aux marchés. Seules 34% des entreprises et 21% des organisations publiques référencent de manière proactive les petites structures.
Seulement 28% des premières et 13% des secondes acceptent de baisser le seuil de dépendance client pour que les PME innovantes ou en création ne soient automatiquement exclues des appels d’offres. «Sur ce point, et malgré les réformes en faveur des PME, les acteurs publics ont encore des marges de progrès très élevées, remarque Alain Chatenet, expert en achats responsables chez A2 Consulting.
Les bonnes pratiques en la matière semblent venir du privé.» À commencer par la non-discrimination des petits fournisseurs. Ainsi, près de 55% des entreprises n’excluraient pas des appels d’offres les PME ou les TPE en raison de leur taille ou de leur absence de référence. En revanche, la technique de l’allotissement, censée favoriser les PME/TPE, semble plus adoptée dans le public que dans le privé (44% contre 22%).
À noter qu’une grande majorité des répondants déclarent régler leurs fournisseurs dans un délai inférieur à 60 jours, mais une part relativement importante (58%) reconnaît ne pas toujours se préoccuper de la trésorerie de leurs prestataires. Les politiques de paiement préférentielles pour certains fournisseurs (entreprises en difficulté, entreprises en création, TPE/PME, entreprises innovantes, etc.) sont peu courantes.
Peu de critères RSE
Autre thème abordé par l’enquête A2 Consulting : l’évaluation RSE des fournisseurs. Sur ce thème, les donneurs d’ordres ne semblent pas au point puisque près de 39% d’entre eux reconnaissent ne pas maîtriser les actions de RSE de leurs fournisseurs.
Lors des référencements et des mises en concurrence, la pondération du critère RSE est le plus souvent inférieure à 5% alors que les bonnes pratiques en la matière préconisent un taux proche voire supérieur à 20%.
Sans surprise, la maîtrise de l’environnement apparaît comme le risque le mieux maîtrisé par les donneurs d’ordres. L’étude souligne toutefois que des progrès restent à accomplir sur certains points tels que la maîtrise des consommations internes et de celles des fournisseurs.
En revanche, la dimension sociale des achats responsables est, semble-t-il, oubliée. Ainsi, les problématiques d’insertion sont très peu prises en compte lors des appels d’offres, sauf vis-à-vis des personnes handicapées, «sans doute en raison de l’impact élevé des mesures réglementaires et fiscales en la matière», précise Jacques Schramm.
Sur certains points, le secteur public possède une longueur d’avance sur le privé. Par exemple, 68% des acheteurs publics interrogés affirment avoir pris des mesures en faveur des personnes éloignées de l’emploi, contre 45% pour les acheteurs du privé.








